NetOps & AIOps : Passer d'une gestion manuelle à une infrastructure automatisée

AIOps
NetOps & AIOps : Automatiser la gestion de son infrastructure réseau

En 2026, les études de l'Uptime Institute révèlent qu'entre 66% et 80% des incidents d'infrastructure sont causés par l'erreur humaine : connexions SSH pour chaque modification, scripts lancés à la main, configurations disparates entre environnements. Ce mode opératoire génère des délais de déploiement de plusieurs jours et multiplie les risques d'erreur.

Pendant ce temps, les leaders technologiques ont migré vers une approche radicalement différente : Infrastructure as Code (IaC), orchestration automatisée et intelligence artificielle opérationnelle (AIOps).

Avant de parler d’outils ou de plateformes, il est important de rappeler que l’automatisation n’est pas une finalité en soi. Elle sert avant tout à maintenir un état cible défini par une architecture claire, des standards techniques et des règles de fonctionnement. Sans cette intention formalisée, l’automatisation risque d’industrialiser des incohérences plutôt que d’améliorer la fiabilité.

Lexique
Infrastructure as Code (IaC) : Approche consistant à décrire son infrastructure (serveurs, réseaux, firewalls) sous forme de fichiers de configuration versionnés, permettant leur déploiement automatique et reproductible.
NetOps : Automatisation des opérations réseau (déploiement, configuration, monitoring) via des pipelines CI/CD.
AIOps : Intelligence artificielle appliquée aux opérations IT pour détecter les anomalies, prédire les pannes et résoudre automatiquement les incidents.
Desired State : État attendu de l’infrastructure : architecture cible, règles de configuration et standards.
Référentiel d’infrastructure (Source de vérité) : Base de données décrivant les composants, leurs relations et l’état attendu du système.

Gestion manuelle vs automatisée : le gouffre

Gestion Manuelle Infrastructure Automatisée
Déploiement d'un changement : 3 à 7 jours (attente validation + exécution manuelle) Déploiement en quelques minutes via pipeline automatisé, avec rollback instantané en cas d'erreur.
Configuration différente entre dev, staging et prod → incidents imprévisibles Environnements strictement identiques grâce au code versionné (Git).
85% des incidents majeurs proviennent du non-respect des procédures Zéro erreur de saisie : tout est exécuté par des machines à partir de fichiers validés.
Documentation obsolète ou inexistante → dépendance aux "sachants" Infrastructure auto-documentée : le code est la documentation à jour en temps réel.

Au-delà du gain de vitesse, l’automatisation répond à un enjeu fondamental : la cohérence dans le temps. Sans référentiel commun, les environnements dérivent progressivement entre ce qui est prévu et ce qui est réellement en place. Cette dérive devient l’une des principales causes d’incidents complexes.

Ces piliers technologiques ne fonctionnent réellement que s’ils reposent sur une architecture définie et un référentiel structuré.

Les 3 piliers de l'automatisation réseau moderne

1. Infrastructure as Code

Technologies : Terraform, Ansible, Puppet

Toute l’infrastructure (serveurs, réseaux, firewalls, load-balancers) est décrite dans des fichiers versionnés. Résultat : reproductibilité parfaite, revue de code pour chaque changement, historique complet des modifications.

2. CI/CD Infrastructure

Technologies : GitLab CI, Jenkins, ArgoCD

Chaque modification de code déclenche automatiquement : tests de validation, déploiement progressif (canary), rollback automatique si échec. Déploiements quotidiens en production sans risque.

3. AIOps & Monitoring Intelligent

Technologies : Prometheus, Grafana, Datadog

Surveillance proactive avec machine learning : détection automatique des anomalies, prédiction de pannes avant qu’elles surviennent, résolution automatique des incidents récurrents. Réduction de 80% du temps de résolution (MTTR).

Les phases de maturité vers une infrastructure automatisée

L’automatisation ne se fait pas en une seule étape : elle suit une progression logique. Le schéma ci-dessous illustre les couches et phases qui permettent de passer d’une exploitation manuelle à une exploitation automatisée et pilotée par la donnée.

1
UI
4
Ticketing
4
Workflows
4
Chatbots
2
Network Source of Truth
(Git or DB)
1
Automation Orchestration Engine
(Commercial or open source)
3
Telemetry and Monitoring
4
Virtual network testing
3
Monitoring and management DBs
1
Model-based abstraction layer
Production Network (CLI, REST, SNMP, NETCONF)
Phase 1

Visibilité & Validation

Processus en lecture seule : archivage des configurations, collecte de données de dépannage et validation contre des modèles (templates).

Phase 2

Source de Vérité

Mise en place d'un référentiel centralisé qui stocke l'information d'état réelle et attendue du réseau.

Phase 3

Télémétrie & Alertes

Récupération des données de surveillance. Détection des anomalies via des triggers et émission d'alertes proactives.

Phase 4

Tests Virtuels & Validation

Validation automatique des changements via simulation (Virtual Lab) avant application sur la production.

5 étapes pour migrer sereinement

La transition vers un réseau automatisé est un projet de transformation global qui nécessite une approche structurée et une progression logique.

0

Étape initiale : Définition de l’architecture et des standards

Clarifier l’architecture cible et les règles de configuration avant l’inventaire. Définition des standards techniques, modèles de services et principes de gouvernance.

1

Audit & Cartographie

Inventaire exhaustif : quels équipements ? Quelles configurations manuelles actuelles ? Quels processus critiques ? Identification des "quick-wins" (zones à fort impact, faible complexité technique).

2

Conversion en IaC

Transformation progressive des configurations en code Terraform/Ansible. Démarrage sur un environnement de développement isolé pour valider l’approche sans risque sur la production.

3

Pipeline CI/CD

Mise en place du pipeline automatisé : intégration Git → tests automatiques → déploiement staging → validation → production. Rollback en un clic en cas de problème.

Les pipelines d’automatisation doivent inclure des tests automatiques dans un environnement de simulation ou de préproduction.
4

AIOps & Auto-remediation

Activation de la surveillance intelligente : alertes contextuelles, tableaux de bord prédictifs, scripts d’auto-guérison pour incidents récurrents (redémarrage automatique, réallocation de ressources).

Pourquoi les projets d’automatisation échouent

Les principales causes d’échec identifiées dans les projets de transformation NetOps :

  • Absence de standards techniques : Automatiser sans règles de design cohérentes multiplie la complexité au lieu de la réduire.
  • Données d'infrastructure incomplètes : Sans référentiel fiable, l'automatisation opère "à l'aveugle".
  • Scripts isolés : Des dizaines de scripts sans orchestration centrale créent une dette technique ingérable.
  • Manque de gouvernance : Aucun processus de validation, modifications directes en production, absence de traçabilité.
  • Absence de validation préproduction : Déployer directement en production sans environnement de test automatisé garantit les incidents.

FAQ Technique – NetOps & AIOps

1. Faut-il tout migrer d'un coup ou progressivement ?
Toujours progressivement. On ne migre jamais une infrastructure critique en une nuit. La bonne pratique : démarrer par un environnement de dev/test, valider les processus, puis étendre zone par zone. La durée varie selon la complexité et la taille de l'infrastructure.
2. Quels prérequis techniques pour démarrer ?
Moins que vous ne le pensez. Il faut : (1) un dépôt Git, (2) des équipements avec API/CLI (la plupart des équipements modernes), (3) une équipe formée aux bases de l'IaC.
3. L'AIOps remplace-t-il les administrateurs ?
Non, il les libère des tâches répétitives. L'AIOps automatise 80% des incidents récurrents. Les équipes se recentrent sur des missions à valeur ajoutée : architecture, sécurité, optimisation. Résultat : meilleure rétention des talents.
4. Pourquoi prévoir un environnement de simulation ?
Pour valider automatiquement les changements avant production et réduire les incidents. Un environnement de simulation ou de préproduction permet de tester les pipelines d'automatisation dans des conditions réelles sans impacter la production. Cela réduit drastiquement le risque d'incidents lors des déploiements.

L'expertise Infrastructure,
portée par l'automatisation.

Sæpiens déploie ses infrastructures en IaC natif (Terraform, Ansible, K8s). Nous travaillons activement à l'automatisation de nos propres méthodologies pour pouvoir prochainement vous proposer nos solutions industrialisées "as-a-service".

En attendant, nous pouvons vous accompagner sur vos autres projets d'infrastructure.

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